RACISME ET DISCRIMINATIONS BAFOUENT NOS PRINCIPES RÉPUBLICAINS


Nos propositions pour notre ville :

  • Créer un Observatoire communal ou intercommunal des discriminations, contre le racisme, toutes discriminations liées aux religions, co-géré avec les associations et les habitant·es, doté d’un budget participatif
  • Mettre en place un lieu d’accueil (éventuellement mobile) et un numéro vert, pour signalement et accompagnement des victimes du racisme, avec une permanence juridique gratuite
  • Constituer le ou la maire en partie civile lors de tout dépôt de plainte d’une victime de racisme
  • Mise en oeuvre d’un Programme d’information et de sensibilisation dans les établissements scolaires et centres de loisirs (dans le cadre de la Semaine contre le racisme par exemple)
  • Création d’un « Prix annuel de l’Égalité » ouvert à plusieurs collèges (scolaires, habitant·es, partenaires et agents…)
  • Soutenir financièrement les associations de lutte contre les discriminations
  • Développer l’enseignement de la mémoire coloniale et de l’histoire de l’immigration

Les  propos et actes racistes : des délits punissables par la loi.

Le racisme prend la forme d'agressions physiques et morales ciblant certains individus dont la dignité est contestée. Insidieusement, il circule dans les propos qui prêtent des comportements spécifiques à des populations, banalisant un traitement réservé et inégalitaire. Il étouffe en conséquence les conditions de vie quotidiennes de nombreuses personnes, qui vivent dans l'angoisse, sur le qui-vive.

En outre, les données statistiques ne rendent compte du phénomène que de façon très partielle car les actes racistes sont largement sous-rapportés. Les victimes ont honte et peur. Peu d'entre elles portent  plainte, anxieuses de l’accueil qui peut leur être réservé (refus de dépôt de plainte, éventuellement accompagné de déclarations racistes), sceptiques face au taux élevé d’abandon des poursuites, et bien en peine d’apporter une preuve matérielle de l’acte. Néanmoins, en 2019, plus d’un million de personnes de plus de 14 ans déclarent avoir été victimes d’au moins une atteinte - injures, menaces, violences ou discriminations - à caractère raciste. 6 603 affaires ont été transmises en justice et ont donné lieu à seulement 393 condamnations.

Ces victimes sont autant des femmes que des hommes, mais deux fois plus souvent des jeunes que des seniors. Les immigré·es, et encore plus leurs descendant·es, s'avèrent incomparablement plus touché·es. Les travailleuses et travailleurs pauvres, les chômeuses et chômeurs et les habitant·es des quartiers prioritaires indiquent aussi beaucoup plus souvent être victimes de discriminations.

Domination et oppression systémiques

Le racisme n’est pas un simple préjugé mais un ensemble de pratiques et de représentations qui conduisent à la stigmatisation et à l’infériorisation de groupes en raison de caractéristiques généralement imaginaires. Ce processus ne se limite pas à la couleur de peau. Il se fonde aussi sur des pratiques culturelles (religion, langue, coutumes, etc.) que l’on prête à des groupes qui vont être discriminés, marginalisés, voire remis en cause dans leur nationalité française. « La race n’existe pas mais elle tue », écrivait la sociologue Colette Guillaumin. « Elle tue même deux fois », renchérit aujourd’hui la chercheuse Rachida Brahim : « par le crime d'abord, par sa banalisation ensuite ».

Et lorsqu'on n’en meurt pas, le racisme condamne à être « davantage exposé au chômage, à la précarité sociale, à de mauvaises conditions de logement et à un moins bon état de santé, compromet l’insertion professionnelle des plus jeunes, surexposés aux contrôles policiers et à des relations dégradées avec les forces de l’ordre, entrave de façon durable et concrète les parcours de millions de citoyen·nes, mettant en cause leurs droits les plus fondamentaux », selon les mots du Défenseur des droits qui dénonce l’absence de politiques publiques volontaristes.

École, emploi, logement, police… : des maltraitances quotidiennes.

Les discriminations racistes s'alimentent les unes les autres. Le refus d'embauche en raison du prénom oblige à se loger dans un habitat à coût modique, souvent situé dans une zone sensible dont l'adresse va elle-même fermer des portes.

Lors de la recherche d’un emploi, les personnes ayant un nom à consonance arabe doivent envoyer plus de trois CV afin de décrocher un entretien, contre seulement deux pour une personne avec un nom à consonance hexagonale. Les personnes d’origine étrangère ont 8% de possibilités en moins d’exercer un emploi public. Déjà en 2002, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) relevait pour sa part que de très nombreux jeunes dits « d’origine étrangère » se trouvaient exclus des différentes sphères d’intégration sociale, économique et culturelle. En 2016, France Stratégie dresse le même constat : «Les hommes sans ascendance migratoire directe ont toujours plus de chances d’accès à l’emploi et de meilleurs salaires. ». En 2021, un sondage mené par l’IFOP indique « un doublement en 20 ans des discriminations perçues à l’embauche en vertu  de l’origine, de la race ou de l’ethnie ». Cela produit également de l’autocensure, en particulier dans la sphère professionnelle où les individus victimes de racisme peuvent intégrer la violence qui leur est faite et limiter leurs ambitions professionnelles.

Puis, au moment de se loger, la couleur de peau ou l’appartenance ethnoculturelle supposée sont également des facteurs déterminants. Les personnes perçues comme non blanches ont une probabilité cinq fois plus élevée que les autres d’avoir connu une expérience de discrimination lors de leur recherche d’un toit.

Ce sont aussi des droits, comme celui à la sûreté, qui sont systématiquement bafoués. Le Défenseur des droits relevait ainsi en 2017 que les personnes perçues comme noires ou maghrébines encouraient un risque 20 fois plus élevé de contrôle d’identité par les forces de l’ordre. Aux discriminations raciales s’ajoutent aussi et se cumulent à celles liées au sexe, au genre, à l'orientation sexuelle, au handicap, à l’âge, à la classe sociale, l’origine géographique…

Plusieurs catégories de la population sont donc systématiquement discriminées, exclues et invisibilisées, aux niveaux politique, économique, social et culturel, des bancs du Parlement aux écrans de télévision. La CNCDH, le Défenseur des droits, nombre de chercheuses et chercheurs et d’associations formulent depuis des années des recommandations pour une stratégie globale en faveur de politiques publiques fortes alliant prévention et lutte contre les différentes formes de racisme et discriminations. Elles restent lettre morte faute de volonté politique.

Plus encore aujourd’hui, le débat parlementaire est marqué par une surenchère sécuritaire inquiétante avec des propos indignes ciblant les musulmans, et ce, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.

Ces propos  apportent son lot de critiques à peine voilées contre les associations ou formations politiques en distillant le soupçon qu’elles ne respecteraient pas les principes républicains, en s’attaquant à la liberté d’association, d’opinion, d’expression et de manifestation, mais également en introduisant de nouveaux contrôles risquant de renforcer l’arbitraire administratif et politique.

L’extrême-droitisation du discours politique et médiatique attise les peurs et les haines. Nous pensons au contraire que la créolisation, la rencontre des cultures qui se mélangent pour produire de l'inattendu font la richesse, la force et la beauté de notre patrie républicaine.

Être français·e en République, ce n’est ni une couleur de peau, ni une religion, c’est adhérer au programme « Liberté, Egalité, Fraternité » et respecter la loi.  Cette devise ne doit pas rester un principe abstrait, mais se traduire de manière quotidienne, dans la réalité. Sans quoi, c’est tout le socle républicain qui est remis en cause.

(Extraits du programme du Nouveau Front Populaire de 2024)