Fermeture de la piscine municipale – La mairie savait et n’a rien fait.
La piscine municipale de plein air de Tournefeuille, située en centre-ville et traditionnellement ouverte de juin à septembre, a définitivement fermé ses portes à la fin du mois de mai 2026. La décision, prise à quelques semaines seulement du début de l’été, prive les habitants d’un équipement public essentiel en période estivale. Pourtant, les problèmes structurels de cet équipement, construit en 1967, étaient connus depuis des années et des années. La mairie justifie cette fermeture par le coût jugé exorbitant des travaux nécessaires : plus de 600 000 euros pour la rénover a minima selon l’article de la Dépêche du Midi du 19 mai ; une somme jugée trop élevée et sans garantie de durabilité par le maire et l’adjoint aux sports.
Cette situation aurait pu être évitée. Il y a quinze ans déjà, les rapports techniques et fonctionnels signalaient l’état de vieillissement important de cet équipement. Mais aucune décision n’a été prise à temps, aucune rénovation n’a été engagée. Résultat : les habitants se trouvent privés de cet équipement public alors que nous vivons, toutes et tous, un début d’été 2026 particulièrement difficile, marqué par des canicules et vagues de chaleur intenses. Il existe bien une « alternative », c’est celle de la baignade surveillée du lac de la Ramée. Mais celle-ci, outre les aspects de qualité incertaine de l’eau comme dans beaucoup de plans d’eau naturels (pollution aux cyanobactéries comme cela a été le cas en 2022 en générant l’interdiction de la baignade), est d’une accessibilité limitée et moins sécure que celle de la plaine des sports pour les enfants et adolescents.
La seule alternative proposée par le maire et son adjoint est la piscine de l’Oasis de la Ramée, située en périphérie de la ville. Mais ce site, géré par l’intercommunalité avec Cugnaux et Villeneuve-Tolosane, n’est pas exempt de problèmes : des travaux d’envergure, estimés à plus de 300 000 euros, y sont prévus dans les prochains mois. Aucune garantie n’est donnée quant à sa capacité à absorber l’afflux de baigneurs en quête de fraîcheur. Et il n’y a pas de bassin extérieur. Quant au projet d’un « espace aquatique ludique » sans baignade, en lieu et place de la piscine d’été, évoqué pour 2027, il reste flou et sans calendrier précis.
Cette situation n’est pas acceptable. La piscine municipale était un lieu de vie, de convivialité, particulièrement crucial en période estivale pour les familles modestes, les personnes âgées et les enfants. En fermant ce site sans proposer de solution immédiate alors que l’état très dégradé de celui-ci est avéré depuis une quinzaine d’années, la mairie porte l’entière responsabilité de la situation actuelle et montre ainsi que la piscine municipale n’a jamais été une priorité pour elle. Pourtant, dans un contexte de réchauffement climatique, où les canicules se multiplient et s’intensifient, un équipement public de baignade et de fraîcheur en centre-ville aurait dû être considéré comme un service essentiel, au même titre que les écoles dans lesquelles des travaux d’adaptation au changement climatiques ont été, pour partie, réalisés. Il en va de même en ce qui concerne la création d’un centre public de santé dont la création est demandée maintenant depuis des années et pour laquelle la mairie, hormis de vagues déclarations effectuées sous pression après la signature d’une pétition par plus d’un millier de tournefeuillais·es, ne fait absolument rien.
Le plus choquant ? Les capacités budgétaires nécessaires pour répondre à la situation créée par l’état dégradé de la piscine, qui nous le rappelons était connu depuis une quinzaine d’années, existent. Il suffit de regarder ailleurs dans le budget municipal. Par exemple, la ville prépare l’installation de dizaines de nouvelles caméras de surveillance, un projet estimé à près de 500 000 euros. Voici donc la priorité affichée : plutôt que d’investir dans un équipement de loisirs et de bien-être social, voire de santé publique en ces temps de canicules à répétition, la commune préfère dépenser une partie de son budget dans des outils de contrôle et de répression dont l’efficacité reste largement sujette à caution comme nous l’avons déjà écrit par ailleurs. La piscine, lieu de vie, de convivialité et de fraîcheur, passe donc après la vidéosurveillance.
Face à cette situation, nous sommes bien conscients qu’un simple « claquement de doigt » ne suffira pas. Ce type d’investissement, qui sera important quel que soit la solution retenue, appelle une réflexion en amont prenant en compte de nombreux facteurs : les contraintes de site et de déconstruction de l’équipement existant, les besoins à satisfaire et les attentes des habitants, la complémentarité avec la piscine l’Oasis et la baignade du lac de la Ramée, les contraintes budgétaires, les délais de mise en œuvre.
Voilà un dossier dont une assemblée citoyenne, que nous appelons de nos vœux et dotée de réels moyens, pourrait s’emparer. Audition d’experts, visite d’équipements existants, consultation des habitants, groupes de travail, élaboration de scénarios et débats contradictoires : telle pourrait être la méthode pour que les tournefeuillais·es, toutes et tous, s’emparent de ce dossier.
L’élection municipale qui s’annonce (il est très vraisemblable que le scrutin de mars sera invalidé) sera l’occasion de mettre en avant les nouveaux modes de démocratie locale que nous, la Liste Citoyenne de Tournefeuille, appelons de nos vœux. La situation créée par la fermeture de la piscine municipale en est un parfait cas d’école.