Quand Laurent Soulié dit tout haut ce qu’il pense tout bas



Dans son blog, le représentant local des Macron, Retailleau et autres Philippe met en exergue son intervention au sujet de l’urbanisme à Tournefeuille lors du dernier conseil municipal.


Quand on visionne cet extrait du conseil (voir le blog de Laurent Soulié : https://www.youtube.com/watch?v=2eJOyy_ogSI), on peut se dire, dans un premier temps que, bon, c’est un peu « creux » et plein de bonnes intentions. À 1mn 17 s, Laurent Soulié parle de mettre en œuvre, en termes d’urbanisme, une approche « plus fine, plus équilibrée, plus cohérente ». Pourquoi pas. Qui pourrait être contre... Les échanges entre le maire, ses adjoints et Laurent Soulié continuent autour de la mixité sociale dans les programmes immobiliers. 

Puis, au bout d’une douzaine de minutes, le représentant de l’opposition commence à dévoiler le fond de sa pensée. Il reproche aux élus en place d’appliquer les ratios de logement sociaux dans les projets immobiliers et évoque le fait de moduler, comme le font d’autres maires de la Métropole, les règles d’urbanisme. Mais, où veut-il bien en venir ? À 14mn et 45 s, Laurent Soulié « se lâche ». Voici le verbatim de son intervention : « Alors, je vais juste essayer de vous éclaircir un peu. On a un hyper-centre où il y a des commerces de centre-ville qui sont parfois qualitatifs. Je ne vais citer personne. On a un chocolatier, un caviste, un petit fromager qui ont besoin de clientèles, de gens qui ont des revenus aussi qui peuvent faire vivre ce centre-ville de qualité. C’est pourquoi certains maires dans certaines communes de la métropole considèrent que dans leur hyper-centre il veulent moduler et mettre moins de PLAI pour mettre plus de PLS. En deux mots, le PLAI s’adresse à des gens qui sont très précaires qui sont souvent même en dessous du SMIC, des personnes au SMIC à mi-temps, une personne qui travaille dans le couple, des gens au RSA ou des chômeurs sans grands revenus (...) Le PLS s’adresse à des personnes qui sont toutes les deux aux SMIC, qui sont actifs tous les deux, qui ont des enfants, qui ont des revenus qui sont de l’ordre de 30 à 35 000 € alors que le PLAI c’est plutôt des revenus de l’ordre de 18 000 € Par an. Donc l’idée c’est de faire venir des gens qui sont actifs, qui vont consommer dans les commerces de centre-ville de Tournefeuille. C’est donc pour ça quand on me dit je ne vois pas pourquoi on modulerait, l’explication elle est sur le tissu économique et les commerces de notre ville qui pour vivre ont besoin d’avoir une clientèle » - Fin de citation !

 

À l’écoute de l’intervention de Laurent Soulié, qui rappelons-le est mise en valeur par l’élu lui-même sur son blog, on comprend que son souhait est d’exclure du centre-ville les classes populaires en privilégiant les classes moyennes et supérieures pour que celles-ci puissent aller, à pied bien-sûr et sans sortir leur Tesla, acheter leurs pâtisseries à 50€ chez Pillon ou bien leur grand cru à la Cavavin. Les autres tournefeuillais qui sont pour certains souvent mal ou peu motorisées et qui ont eux-aussi besoin de venir dans le centre-ville pour aller dans les services publics, à la Mairie, à la poste ou bien à la médiathèque, eh bien, qu’ils restent dans leurs quartiers...

 

Cette politique de ségrégation sociale, assumée, s’inscrit dans une évolution plus générale des villes baptisée par les sociologues de gentrification. Les classes populaires hors des centres-villes pour que les classes aisées puissent faire leurs petites affaires entre elles.